Actualité brûlante à l’Opéra-Comique, comme le café qu’a servi Louis Langrée aux journalistes reçus dans son bureau, un lieu mythique avec les fantômes de tous les directeurs artistiques qui s’y sont succédé. Berceau de Carmen, Pelléas et Mélisande, Lakmé ou Les Contes d’Hoffmann, l’autre grande maison nationale d’opéra à Paris a non seulement réussi à maintenir son statut particulier mais surtout à se hisser bien haut dans la liste des grandes institutions françaises. Depuis l’inauguration, en 1898, de la salle actuelle qui a gardé les mêmes proportions que l’originale de 1783, de nombreuses rénovations ont été effectuées mais la cage de scène, abîmée dans les années 2000, doit à nouveau subir quelques travaux qui entraînent une fermeture. Il y aura bien une saison en 2026-27, avec des concerts et des masterclasses dans le foyer mais les productions seront plutôt itinérantes, notamment en région, dans le réseau des Théâtres à l’italienne. La Maîtrise Populaire et l’Académie de l’Opéra-Comique, réunies sous l’appellation « Campus Favart », continueront leurs activités bien évidemment. Les grands rendez-vous reprendront à partir de 2027-28 avec un cycle Maeterlinck, un cycle Goethe et la poursuite des grandes tragédies lyriques. Après Iphigénie en Tauride, à l’affiche du 2 au 12 novembre 2025, Louis Langrée (qui partage le pupitre avec Théotime Langlois de Swarte dans ce nouveau spectacle très attendu mis en scène par Wajdi Mouawad) annonce un nouveau Gluck avec Alceste mais aussi Scylla et Glaucus de Leclair. Le chef devrait diriger Pelléas et Mélisande tandis que La Damnation de Faust de Berlioz, qui va faire son retour dans la salle de la création en version de concert comme en 1846, devrait être confiée à un grand Berlozien à poigne. Une production du rare Ariane et Barbe-Bleue de Dukas est également dans les cartons. Désormais partagé entre ses responsabilités de directeur et la direction d’orchestre où il excelle, Louis Langrée a été renouvelé dans ses fonctions au Théâtre national de l’Opéra-Comique jusqu’en 2029.
© Fabrice Robin













